jueves, 24 de septiembre de 2015

Régates Royales de Cannes. Homenaje a "Flo" y bonito recorrido de unas 20 millas

Entre los barcos de los clubes españoles, el "Moonbeam IV" y "Marigold" vuelven a ganar, y el Yanira recupera dos puestos.


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Con el homenaje a Florence Arthaud, la navegante francesa fallecida recientemente en accidente de helicóptero, ha comenzado la tercera jornada (segunda regata tras la suspensión de ayer) de las Régates Royales que se están celebrando en Cannes.

Moonbeam IV (RCNP)

Varias clases han repetido vencedor: en Big Boat el Moonbeam IV del RCNP; el "Cholita" entre los Época Marconi de menos de 15 metros; "Helisara" en Espiritu de Tradición y "Marigold" entre los Aúricos.

Los Tofinou navegan en tiempo real, y el que ha llegado primero, y por tanto, vencedor igual que en la 1ª jornada, ha sido el "Pitch"


Los que ha cambiado el vencedor del día han sido el "Manitu"entre los Época Marconi de más de 15 metro y entre los Clásicos el "María Giovanna II",  clase en la que El "Yanira" de Andres de León (RCNB), consigue un trabajado 6º puesto justo detrás del Maxi "Il Moro de Venezia"


Yanira (RCNB)

Cette journée de jeudi a débuté par un hommage à Florence Arthaud avec un concert de cornes de brume, de klaxons, de sirènes et autres sifflets au passage de Cœur Vaillant, le 8mJI de Philippe Monnet sillonnant le vieux port de Cannes sous grand voile pour rassembler les centaines d’équipiers à l’étrave de leur yacht de tradition. La navigatrice qui a participé plusieurs fois aux Régates Royales venait souvent se ressourcer au monastère de l’île de Saint-Honorat…

Hommage aussi à la création des Régates Royales organisées pour la première fois en l’honneur du Roi Christian X du Danemark en 1929 avec la venue du Prince Henrik de Danemark, invité par le Prince Albert de Monaco à venir tirer quelques bords sur le 15mJI Tuiga.


Tout dessus, tous dessus !
Et avec une brise légère sur une mer apaisée et un soleil resplendissant, cette deuxième manche des Régates Royales-Trophée Panerai pour les Yachts de Tradition était une aubaine pour exploiter au maximum ces voiliers d’antan : une petite dizaine de nœuds de secteur Sud-Ouest et un joli parcours triangulaire d’une vingtaine de milles. Du près, du spinnaker, du vent de travers, du louvoyage, tout était en place pour que les équipages tirent la quintessence de ces voiles auriques, flèches, clin focs, trinquettes, voiles d’étai, focs ballon, spinnakers, gennakers… Car c’est tout dessus que les soixante-trois inscrits répartis en sept classes se bousculaient sur la ligne de départ mouillée juste devant le Palais des Festivals.
Le premier tour de baie se déroulait sans accroc mais la brise commença à prendre des tours une heure après le coup de canon libérateur et ceux qui ne réduisirent point la toile connurent quelques déboires. Ce fut le cas pour Viola, le cotre aurique dessiné par William Fife en 1908 qui rompit son espar en bois à mi-hauteur juste au-dessus des barres de flèche : pas de blessés, mais des dégâts collatéraux constatés lors que le cutter classé monument historique national rentra au moteur quai Laubeuf.
Pour le reste de la flotte, ce renforcement accélérait le rythme et permettait aux équipages de démontrer leurs talents manœuvriers à l’image de Marigold (Nicholson 1892) le plus ancien parmi les Auriques, qui s’imposait avec maestria au bout de deux heures quarante minutes de course… et qui confortait sa domination au classement cumulé sur deux manches ! Et avec un bon vingt nœuds tassés, certains préférèrent lever le pied quand d’autres pouvaient encore « bourriner » dans une mer qui se formait assez rapidement : le grand Class J Shamrock V savourait une nouvelle fois les honneurs de la ligne mais ne pouvait tout de même pas sauver son handicap en temps compensé chez les Spirit of Tradition, au profit de Helisara, le plan Dick Carter de 1968.
Les Époque Marconi de moins de quinze mètres voyait Cholita, le plan Potter de 1937 prendre l’avantage alors que parmi les plus de quinze mètres, l’ancien voilier présidentiel de John Kennedy, Manitou imposait sa loi devant Skylark of 1937… Mais le spectacle était impressionnant quand Moonbeam IV talonnait le majestueux Elena, le plus grand de tous les yachts de tradition des Régates Royales-Trophée Panerai : déjà premier mardi, l’équipage de Mikael Créac’h peut aborder la suite avec sérénité chez les Big Boats. Enfin, le plan Olin Stephens Maria Giovanna II démontrait qu’il en avait encore sous le capot parmi les Classique. Mais le match final s’annonce très ouvert jusqu’à samedi car le classement cumulé est plus que serré...

Le come-back russe

Une première course fut lancée en tout début d’après-midi avec un joli Sud-Ouest d’une douzaine de nœuds pour un parcours aller-retour en deux tours : le monotype de 1929 pouvait ainsi exprimer tout son potentiel, les trois équipiers au rappel au près et le spinnaker en version « kite surf » au vent arrière… Des conditions qui ont particulièrement souri aux équipages russes qui avaient pourtant mal débuté les Régates Royales de Cannes.
Ainsi, Anatoly Loginov (Annapurna) remportait cette quatrième manche devant son compatriote Vasily Senatorov (Even Better) tandis que Victor Fogelson (Sunflower) s’adjugeait la sixième place… Pour autant, l’Allemand Michaël Schmidt (M3) s’octroyait la quatrième position derrière son compatriote Michaël Zankel (Powwow) et comme à ce stade de la course, la plus mauvaise manche courue peut être retirée, le germanique restait en tête du classement général provisoire…
Une nouvelle course était lancée à suivre dans une quinzaine de nœuds de Sud-Ouest pour cette fois deux tours et demi, l’arrivée s’effectuant contre le vent à mi-parcours. Et cette fois, c’est le Britannique Martin Payne (Bear) qui prenait le meilleur devant son compatriote Ivan Bradbury (Blue Haze) et le Français Stéphane Baseden (Outlaw). Et cela brassait sérieusement le classement sur cinq manches derrière l’impérial Michaël Schmidt (M3) toujours aux avant-postes avec 9 points. Celui-ci était donc talonné par trois Britanniques (Blue Haze, Jerboa, Bear) avec l’Allemand Michaël Zankel en embuscade. Les Régates Royales qui s’achèveront demain vendredi pour les Dragon (probablement avec deux manches à suivre) semblent donc avoir déjà décanté le podium qui devrait se jouer entre ces cinq équipages, l’Italien Giuseppe Duca (Cloud) étant déjà relégué à 30 points et le Russe Anatoly Loginov (Annapurna) à 33 points… Notons que le premier équipage hexagonal est quatorzième (Didier Cuny sur Adrénaline) talonné par son compatriote Stéphane Baseden à un petit point !

Un Prince aux Royales
HRH Prince Henrik de Danemark vient régulièrement aux Régates Royales-Trophée Panerai : habituellement à bord de son Dragon White Lady (DEN 166), Son Altesse a embarqué jeudi à bord de Tuiga, le 15mJI emblématique du Yacht Club de Monaco...

Les Régates Royales de Cannes ont été créées en l’honneur du Roi du Danemark !
« Le Roi Christian X du Danemark avait dans les années 30 une villa à Cannes où la famille royale venait passer quelques semaines : il régatait dans la baie avec Dana, le 6mJI de Madame V.G. Graae. En accord avec la municipalité, la Société des Régates de Cannes et l’International Yacht Club ont demandé au roi l’autorisation de dénommer « Régates Royales », la semaine de course organisée au printemps 1929. À sa mort, l’épreuve n’a pas été renouvelée. Quand je suis revenu à Cannes, je régatais en 6mJI. Puis je me suis mis au Dragon et la municipalité m’a demandé s’il était possible de renommer « Régates Royales » les épreuves organisées à l’automne ! J’ai bien sûr dit oui... »
Car vous avez longtemps pratiqué le Dragon, en particulier lors des Régates Royales !
« Je naviguais sur une autre classe de voilier il y a une quarantaine d’années, le Klar. Et j’en suis venu au Dragon au moment où il n’était plus série olympique. Parce qu’il n’y avait auparavant quasiment que des professionnels ! J’ai donc relancé la classe des Dragon au Danemark : nous étions trois en 1981… Je suis encore vice-président de l’association internationale des Dragon, mais désormais je ne fais plus de régate. A mon âge, il faut savoir s’arrêter ! »

La voile est une tradition au Danemark ?

« C’est un pays de marins puisque nous sommes entourés d’eau. La tradition maritime est très ancienne et nous avons d’excellents régatiers. Et les Danois sont souvent bien placés aux Jeux Olympiques en voile : souvenons-nous de Paul Elvström aux quatre médailles d’or ou de Poul-Richard Hol-Jensen, trois fois médaillé (deux or, une argent)… »

C’est une tradition familiale de pratiquer la voile ?
« Non, pas vraiment depuis le Roi Christian X ! Mais le Roi Juan Carlos d’Espagne naviguait beaucoup, et mon beau-frère le Roi de Grèce a gagné la médaille d’or aux Jeux Olympiques de Rome 1960 en Dragon… »

Et pour cette 37ème édition des Régates Royales, vous revenez à Cannes naviguer !
« Le Prince Albert m’a invité à suivre les courses sur Tuiga, le voilier emblématique du Yacht Club de Monaco : c’est la première fois que je navigue sur un 15mJI, conçu avant la Première Guerre Mondiale. On l’a retrouvé en piteux état, superbement restauré et il est à Cannes absolument magnifique ! Et les conditions météorologiques s’annoncent parfaites aujourd’hui : si on me le propose, je prendrais la barre… »

Focus sur… les 8mJI
Devant le quai Laubeuf, ils sont plusieurs 8mJI à être venus aux Régates Royales-Trophée Panerai car Cannes fut longtemps un repère de voiliers métriques à l’image de Cœur Vaillant, le bateau de Philippe Monnet qui fit ce matin hommage à Florence Arthaud. Pour cette 37ème édition, France (plan Camatte 1937), Carron II (plan Fife 1935), Aile VI (plan Arbaut 1928) représentent cette classe encore très dynamique comme l’a démontré le Championnat du Monde organisé à La Trinité/mer l’an dernier. Car les 8mJI comme les 5.5mJI, 6 mJI, 12 mJI et d’autres classes qui n’ont pas perduré, découlent tous de la jauge métrique imaginée en 1906 à Londres. À cette époque, le yachting se développe de plus en plus dans toutes les nations maritimes, mais quasiment chaque nation, voir chaque région ou chaque club adopte une jauge spécifique qui génère des voiliers très typés pour leur plan d’eau. Peu de confrontations internationales existent si ce n’est sur le lac Léman ou sur la côte Sud de l’Angleterre.
Ces jauges sont dites à « restrictions » c’est-à-dire qu’elles limitent la valeur d’un certain nombre de paramètres pour garantir une similitude de performances, sans pour autant imposer de concevoir des bateaux identiques (monotypes). En 1901, le New York Yacht Club prend l’initiative de refondre la Jauge Universelle sous la houlette de l’architecte Nathanaël Herreshoff. Les Allemands, les Scandinaves, les Anglais et les Français répondent lors de la réunion de Londres de 1906 en créant la Jauge Internationale (JI) à l’origine de dix classes, du 5mJI au 23mJI au futur plus ou moins glorieux. Trois années plus tard, 195 unités de Jauge Internationale régatent en Europe, dont quatre-vingt-onze 6mJI, cinquante-neuf 8mJI, vingt-deux 10mJI, quatorze 12mJI et neuf 15mJI ! Les Américains ne tardent pas eux aussi à se rallier à cette jauge dite « métrique » qui prend en compte la longueur à la flottaison, la section immergée de la coque, le franc-bord et la surface de voile.
Dès 1907, les plus grands architectes se penchent sur cette jauge et en particulier sur les « Eights » qui, avec leurs quatorze mètres de long, leurs 80 m2 de voilure au près et leurs neuf tonnes, permettent de jouer sur nombre de paramètres pour trouver la bonne équation. Les Ecossais Alfred Mylne et William Fife, les Norvégiens Johan Anker et Bjarne Aas, les Anglais Morgan Giles et Charles Nicholson, l’Américain Olin Stephens, les Français Thierry Guédon, François Camatte… s’essayent sur cette classe olympique de 1908 à 1936 !
« France a été remis en état dans les années 1974 parce qu’il faisait eau, les porques métalliques étaient totalement rouillés, les bordés étaient attaqués, les diagonaux qui sont des lattes de fer servant à tenir les bordés chevillés étaient abimés… C’est un ancien apprenti charpentier de marine du chantier Cheisa qui avait construit ce 8mJI en 1937, qui a fait tous ces travaux de réfection ! J’ai fait refaire un mât en bois par Gilbert Pasqui pour remplacer le tube en aluminium très lourd et le pont a dû être changé. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, le nom de France n’est pas en rapport avec la nationalité du propriétaire d’origine, mais parce que sa fille se prénommait ainsi ! » précise l’architecte naval cannois Jacques Fauroux.
Les 8mJI ont traditionnellement toujours été les day-boats des aristocrates et des capitaines d’industrie. Les familles royales d’Espagne, de Norvège et de Suède ont régaté sur ces yachts et la classe a toujours attiré les personnes atypiques qui avaient les fonds nécessaires pour acheter le meilleur. La famille de Rothschild a navigué à leur bord à partir de 1924 et les générations suivantes possédaient encore un 8mJI moderne. Quelques propriétaires étaient particulièrement célèbres comme la duchesse de Windsor en Angleterre, le baron Alfred Krupp von Bohlen en Allemagne, Marcus Wallenberg en Suède, Carl Siemens, Alphonse XIII d’Espagne, la Reine Victoria Eugénie… ou la Française Virginie Hériot. Plusieurs architectes célèbres ont même possédé leur propre 8mJI tels William Fife, Charles Nicholson ou Glen Coats. Le Yacht Club de New York a même soutenu la classe en 1928 en commandant onze « Eights » au chantier Abeking et Rasmussen…

Prix de l’élégance
Pour sa première édition, le concours d’élégance des Régates Royales a été décerné au sloop Marconi Serenade, un plan de Nicolas Potter construit en 1938 et armé à Cannes par le Britannique Hugues Boullenger. Le cotre aurique sur plan William Fife de 1908 Viola, de Bruno Barbara, s’adjuge la deuxième place devant le ketch sur plan Arthur Miller de 1934 Adria de Rachid Elmssalhi. Le célèbre Palynodie II, plan Olin Stephens de 1962 ayant longtemps appartenu au maire de Marseille Gaston Defferre et désormais armé par Patrick Teyssier, fait l’objet du « Coup de Cœur » du Jury. Une vingtaine de voiliers ont participé à ce concours qui privilégiait l’esthétique et l’entretien du voilier mais aussi la tenue et les qualités de l’équipage.


Tir à la corde
Comme lors de chaque édition des Régates Royales-Trophée Panerai, les équipages se sont affrontés sur le village au tir à la corde mercredi soir : huit équipiers de chaque côté d’une amarre de vingt mètres ! Et ce sont les Britanniques du New York Forty Rowdy, qui se sont imposés en finale face au team Panerai

Prévisions météo
L’anticyclone des Açores reprend des forces sur le proche Atlantique et vient progressivement couvrir l’ensemble de l’Europe de l’Ouest : le grand beau temps est donc annoncé non seulement pour ce vendredi mais aussi jusqu’à la fin des Régates Royales-Trophée Panerai avec même une brise portante pour la course de ralliement de dimanche vers Saint-Tropez… La belle journée de jeudi qui a permis une superbe régate va donc se renouveler vendredi avec toujours un flux faible d’Ouest-Sud Ouest le matin mais se renforçant 8-12 nœuds dans l’après-midi. Sur une mer toujours belle sans presque de houle et sous un soleil resplendissant ! De quoi envoyer toute la toile sur les Yachts de Tradition et lancer deux dernières manches pour les Dragon…

Fuente: Régates Royales
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©Luis Fernandez